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De Carole Lussier - Éditorial |
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Des coupures budgétaires qui font vraiment mal
Sujet
Coupures budgétaires dans les programmes destinés aux personnes âgées. Une Affaire de Famille, organisme à but non lucratif œuvrant dans la région du Haut-St-Laurent (région sud-ouest de Montréal), pourrait bientôt se voir confronté à abandonner les services dispensés aux personnes du troisième âge. Cet organisme n’est pas le seul à devoir se démener pour conserver ses programmes face aux coupures budgétaires…
Article
Je n’ai pas l’habitude de prendre ouvertement position sur des sujets variés politiques. Je n’ai tout simplement pas le temps pour eux. Ceux qui me connaissent bien savent que je me tiens au courant, sans plus. Par contre, j’ai du mal à me contenir lorsqu’il s’agit de la Vie avec un grand « V ». Par exemple, le sort qu’on réserve à notre planète, les drogues massives qu’on distribue à nos enfants, notre comportement envers les animaux ou l’oppression que subissent les arts. Dans cette même veine, il reste un dernier sujet capable de me pousser à affûter mes griffes : le peu de ressources qu’on accorde aux personnes âgées. Il est dommage qu’on puisse en arriver à devoir considérer de couper dans les services sociaux qui ont à cœur le bien-être de nos aînés, surtout en pensant, ou plutôt en sachant, que ces coupures ne viseront qu’à enrichir les coffres des services publiques qui gaspillent impunément nos avoirs. Les personnes âgées, qu’on se le dise, sont une ressource inestimable pour la société.
Dans des temps anciens, ces gens étaient vénérés, adulés et même déifiés pour leur immense savoir et leur profonde sagesse, des qualités que notre société industrielle – société qui aura vu le jour au début du 20e siècle – s’est empressée d’annihiler. Le rapport de priorité est aujourd’hui malheureusement calculé en fonction de sa seule rentabilité financière, ce qui provoque l’effondrement du principe fondamental pour lequel tout le système actuel aurait tout d’abord été instauré : le maintient et l’assurance de la qualité de vie de l’être humain. Dans un monde idéal, tout serait à revoir, en commençant par le concept de « l’économie », ce mot qui est devenu la « croyance » la plus répandue de nos jours. Nous vivons dans un monde où on tente frénétiquement de s’emparer et de protéger les plus grandes richesses tandis que les coupures imposées par les fervents de cette croyance s’attaqueront directement et toujours avec la même ironie au cœur même de nos avoirs les plus précieux, c'est-à-dire l’expérience et le rêve ou, en d’autres mots, nos aînés et les arts. L’homme ne peut pourtant pas aspirer à gagner l’avenir sans le « savoir » et ses « idéaux » et j’ai expressément mis ces deux mots entre guillemets puisque plus nos têtes pensantes étudient en finance et en économie, plus ces mots semblent devenir les ombres fantomatiques et cauchemardesques qui hantent leurs nuits. Le savoir appartient à nos aînés, les idéaux à nos rêveurs. Et ces faits parlent d’eux-mêmes. Avec cette certitude comme assise, notre espèce, la race humaine, a réussi à se développer jusqu’à atteindre son apogée ; le 20e siècle. Drôlement, c’est également à cette époque qu’elle a lentement commencé à renier ses deux forces et, tout aussi drôlement, la société a lentement progressé vers une décadence qui menace maintenant d’atteindre son point de non retour. L’équilibre est rompu.
Soutenir les aînés par des programmes pouvant revaloriser leur importance et favoriser l’implantation de mesures leur permettant de mettre à profit cette incommensurable richesse qu’eux seuls possèdent devrait pourtant être une priorité des plus vitales. Les organismes qui ont à cœur de porter ce lourd mandat devraient également être soutenus de la même manière. Les personnes âgées devraient être invitées et encouragées à contribuer dans tous les secteurs d’activités de la société actuelle. Les efforts déployés pour les reléguées aux oubliettes, comme on tente de le faire depuis plus de soixante dix ans, s’apparente carrément au reniement de soi-même. Le gaspillage des ressources naturelles est monnaie courante de nos jours et la plus belle entre toutes est indubitablement la sagesse, le savoir et l’expérience du troisième âge. Et je crois tellement en cette valeur fondamentale qu’à 56 ans, je n’ai toujours pas entrepris les démarches qui visent à planifier la mienne, ma retraite, parce que ce n’est pas ici que la vie se termine, mais plutôt ici que la vie commence réellement, alors que le bagage accumulé permet d’évaluer concrètement toutes les possibilités au contraire de la jeunesse qui ne peut qu’à peine les entrevoir. Il est plus que temps de renverser la vapeur. Il faut renverser cette vapeur.
Comme bien d’autres en ce moment, car les coupures budgétaires ne touchent jamais qu’une seule région à la fois, Une Affaire de Famille, organisme du Haut St-Laurent, est à la recherche de fonds, de financement, pour maintenir les programmes déjà en place. On ne parle pas ici d’implantation de nouveaux projets mais d’un simple minimum, c’est-à-dire conserver ce qui est déjà là. Le recul est inconcevable. Il faut en parler.
Une Affaire de Famille
Les retraités du Haut St-Laurent
Vos commentaires :
05-04-2010
En France, je suis choquée par le nombre d'hommes et de femmes contre les murs de la rue. La pauvreté. Mais apparement peu de gens s'affolent. Sauf nos hauts placés coupant des vivres... Je suis à 100% d'accord avec ce que vous dîtes là... Au passé, il existait le RESPECT. En 2010, il n'existe plus rien... Enfin, c'est rare... Bise de ChrYss
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